Accueil arrow Conseil de Ville arrow Interventions arrow Quelle politique pour un éclairage publique écologique et économe ?
Quelle politique pour un éclairage publique écologique et économe ? Convertir en PDF Version imprimable
24-09-2007
Interpellation 3.04/07 - Quelle politique pour un éclairage public écologique et économe ?

Thème: éclairage public, écologie, économie, société à 2000 Watts, système LEC, développement durable.

Acquis à l'idée de réduire notre impact sur l'environnement, le Groupe socialiste demande au Conseil communal de nous informer : Quelle est la politique qui est actuellement menée en matière d'éclairage public ? Quelles sont les mesures qui permettront à Delémont d'améliorer l'efficience de son éclairage public ?

Texte

Une récente étude du WWF « Éclairage public efficace, Une analyse de l’éclairage public des capitales cantonales » (septembre 2006) nous apprend que : [...] les estimations montrent que si les systèmes d’éclairage public étaient équipés avec des lampes plus efficientes et de l’électronique moderne, et si l’éclairage était réduit en fonction des besoins, la consommation de courant électrique pourrait être diminuée de 50 pour cent en moyenne. Cela signifie que les communes suisses pourraient au total économiser 400 millions de kilowattheures (= 80 millions de francs!), ce qui correspond à environ 60 000 tonnes de CO2 par an (courant électrique standard suisse).

Actuellement, Delémont a déjà opté pour des lampes à vapeur de sodium, lampes beaucoup plus efficientes que les traditionnelles lampes à incandescence.

L'Agence Suisse pour l'efficacité énergétique (S.A.F.E.) préconise dans son modèle de cahier des charges pour les communes deux mesures qui nous paraissent applicables à Delémont :

1. Clarifier les besoins en matière d’éclairage des rues. Toutes les rues ne doivent pas forcément être éclairées.
Exemple d'un quartier d'une commune argovienne. Devant chacune des maisons bordant cette rue de quartier, un capteur réagissant aux mouvements a été monté sur l’équipement d’éclairage extérieur préexistant. Ainsi, quand quelqu’un circule la nuit dans cette rue, les lampes s’allument les unes après les autres et s’éteignent au bout de 3 minutes. Cette solution assure une très grande efficacité énergétique pour un faible coût, et ne rend nécessaires qu’une innovation en matière d’organisation et une certaine coopération entre les propriétaires des maisons concernées. (Ruchweid, 8917 Oberlunkhofen)

2. Extinction durant la nuit. Réduction de l’intensité lumineuse lorsque, pour des raisons de sécurité, une extinction totale n’est pas possible.
Exemple dans le canton de Zürich. Entre 24.00 et 5.00 heures, les routes cantonales ne sont pas éclairées. Autre méthode, la ville de Morges réalise de grosses économies d’électricité avec le système LEC. Le principe consiste à stabiliser à 207 volts la tension d’alimentation – qui fluctue entre 207 et 253 volts. Les économies d’énergie s’élèvent à 28%. La réduction de l’intensité lumineuse, lorsqu’une extinction complète n’est pas possible, tient compte des zones critiques. Par exemple:
• Abaissement de la luminosité à 35% aux carrefours, giratoires et passages pour piétons.
• Extinction dans les autres zones.

A Delémont, les coûts de l'éclairage public s'élève à plus de 480'000.- par anné (chiffres tirés du Rapport du Sous-groupe de travail « Service public », lors de l'Identification des prestations de Service public et estimation des coûts, mai 2003).

Constamment à la recherche de mesures d'économie, acquis à l'idée d'une société à 2000 Watts et de la nécessité de réduire nos émissions de CO2, le groupe socialiste demande au Conseil communal de nous indiquer

➢ quelle est la politique qui est actuellement menée par la Municipalité de Delémont en matière d'éclairage publique?
➢ quelles sont les mesures à l'essai ou prochainement misent en place qui permettront à Delémont d'améliorer l'efficience de son éclairage publique, d'un point de vue économique et écologique ?

Pour le groupe PS
Sébastien Lapaire

Développement à la tribune

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

Toute personne qui s'est déjà promenée dans les hauteurs du Valais l'aura forcément remarqué : les glaciers fondent de manière spectaculaire. Mesdames, Messieurs, le réchauffement climatique est un des grands défis de ce début de millénaire pour la population mondiale. L'environnement, le climat, les choix énergétiques ne sont pas des « gadgets politiques », au contraire, c'est même devenu une priorité incontournable. Les scientifiques nous prédisent des bouleversements climatiques aux conséquences humaines et écologiques dramatiques. Bien sûr, nous devons agir à l'échelle de la planète. Bien sûr, Delémont est tout petite, comme une goutte dans l'océan. Un jour, un journaliste a demandé à Mère Teresa si elle n'avait pas l'impression que son engagement contre la misère n'était qu'une goutte d'eau dans l'océan. Elle a simplement répondu "Oui, mais je n'oublie pas que sans gouttes d'eau, il n'y aurait pas d'océan". Je vous propose de vous inspirez des paroles de Mère Teresa et dans cet état d'esprit, de vous penchez sur le thème de l'éclairage public à Delémont.

Quand je quitte en dernier une pièce, j'éteins la lumière. Logique, écologique et économique. Pas de gaspillage. Dans nos rues, l'éclairage public, lui, fonctionne toute la nuit, même s'il n'y a personne... Et je dois dire que très franchement, les rues sont plutôt désertes au milieu de la nuit. Est-il donc nécessaire à ce moment-là d'éclairer toutes les rues, jusqu'aux plus petites rues résidentielles? Autre question, existe-t-il des véhicules aujourd'hui autorisés à circuler sans lampes?

Dans le domaine de l'énergie, de nouvelles technologies voient le jour continuellement. Est-ce que Delémont emploie, et par là même, encourage ces nouvelles technologies? Sommes-nous à la pointe? Est-ce que notre réseau est pensé, est structuré de façon à accueillir ces innovations technologiques? Y a-t-il une réelle volonté politique pour réaliser des économies d'énergie dans le domaine de l'éclairage public, quand on sait que les SI ont à la fois la casquette de vendeur d'énergie et celle de consommateur?

Ce que je souhaite, c'est qu'aujourd'hui, nous nous posions collectivement les bonnes questions, pour que demain, nous puissions prendre les bonnes décisions. Delémont agit déjà, certes, mais nous n'en faisons pas assez. Aujourd'hui, nos budgets et nos comptes sont libellés en monnaie, en francs. Demain, nous ferons les comptes en terme de particules de CO2 émises ou de kilowattheures consommés.

Mesdames, Messieurs, nous sommes à l'aube d'une formidable révolution. Nous devons dès aujourd'hui

- miser sur les énergies renouvelables,
- miser sur les innovations technologiques
- et réduire notre consommation d'énergie.

Pour cela, nous devrons modifier notre comportement, quitte à « sacrifier » une partie de notre confort personnel. Mais sommes-nous prêt à relever le défi ?

Je remercie par avance le Conseil communal pour son développement et pour le catalogue de mesures qu'il applique ou qu'il compte appliquer.

Extrait du PV

M. Sébastien Lapaire, PS, est d'avis que le réchauffement climatique est l'un des grands défis actuels. L'environnement, le climat et les choix énergétiques sont devenus, selon lui, une priorité incontournable. A l'appui des bouleversements climatiques prédits par les scientifiques, M. Lapaire met en exergue la nécessité d'entreprendre une action à l'échelle planétaire. Conscient de la petitesse de Delémont, M. Lapaire invite le Conseil de Ville à examiner l'éclairage public en ville. En particulier, il relève que durant toute la nuit, l'éclairage public est enclenché, bien que les rues soient plutôt désertes. Il s'interroge donc sur l'utilité d'éclairer les rues tout au long de la nuit, mêmes dans les quartiers résidentiels.

De plus, M. Lapaire relève que de nouvelles technologies apparaissent continuellement. Il se demande si la Ville les encourage et si elle est à la pointe de la technologie. En outre, M. Lapaire souhaite savoir si le réseau électrique de la ville est conçu pour supporter les innovations technologiques. En dernier lieu, soulignant les rôles de vendeurs et de consommateurs qu'assument les Services industriels, M. Lapaire s'interroge sur la réelle volonté politique de réaliser des économies d'énergie dans le domaine de l'éclairage public. M. Lapaire estime que les efforts consentis par la Ville ne sont pas suffisants. A son avis, chacun doit miser sur les énergies renouvelables et les innovations technologiques, pour réduire sa consommation d'énergie, ce qui nécessite une modification du comportement et éventuellement un renoncement au confort personnel.

M. Pierre Brulhart, PS, projette une présentation faite en 2006 lors d’une journée d'information de Swissenergie. En préambule, il indique que la problématique de l'éclairage public est étudiée depuis longtemps.

Quatre types d'éclairage public sont installés à Delémont : l'éclairage routier technique, l'éclairage nécessaire à la mise en valeur d'objets, l'éclairage routier visant une intégration urbanistique et l'éclairage décoratif. M. Brulhart relève le coût important de ces installations ainsi que les différents concepts techniques, relatifs notamment à la facilité d'entretien, la standardisation des équipements, le mode de fonctionnement et la sécurité au niveau mécanique. Les normes SIA et européennes de quantité d'éclairage nécessaire doivent être respectées, en relation, entre autres, avec le sentiment de sécurité de la population. Ainsi, une collaboration avec l’Association suisse pour l’éclairage est nécessaire.

Au chapitre de l’environnement et du développement durable, M. Brulhart souligne qu’une attention particulière est réservée aux matériaux utilisés et à la consommation énergétique. Une collaboration avec le WWF et Swissenergie existe dans ce domaine, tout comme avec le Service de l’urbanisme et de l’environnement, le Service de l’aménagement du territoire et les propriétaires des bâtiments pour ce qui est de l’intégration urbaine et de la préservation du patrimoine immobilier. Du point de vue économique, M. Brulhart relève que ces investissements sont précédés d’une étude déterminant leur rentabilité, tout en tenant compte de l’aspect écologique.

M. Brulhart précise que la Ville dispose de deux plans directeurs "lumière". L’un concerne l’aspect décoratif, c’est-à-dire la mise en valeur du patrimoine, que le Conseil communal avait à l'époque décidé de réaliser par étape, en fonction des disponibilités financières et des collaborations possibles avec différents partenaires. Le second plan concerne l’aspect technique, c’est-à-dire l’éclairage des rues, selon leur catégorie et leur trafic, basé sur les normes européennes. A titre d’exemple, M. Brulhart cite les essais menés à la rue Auguste-Quiquerez et à la rue des Martins, où l’installation de nouveaux lampadaires a permis une réduction des coûts de près de 30 %. S’agissant du choix des équipements, M. Brulhart indique que le but visé consiste en l’optimisation de l’éclairage public en termes de qualité, de consommation d’énergie et de coûts d’exploitation. Pour illustrer ses propos, Il présente un exemple d’appel d’offres, précisant les critères pris en considération, comme le type d’ampoule, la matière du candélabre, le nombre de points lumineux dans la rue, entre autres. Pour Delémont, dans un but de standardisation, seuls trois types de lampadaires sont prévus en fonction de l’endroit où ils sont installés. Toutefois, pour des situations particulières, notamment la place de la Gare, des styles d’éclairage différents sont acceptés.

Delémont compte 2'200 points lumineux dont l’entretien annuel est estimé à Fr. 100'000.-, chiffre dans lequel le coût du personnel est certainement sous-évalué. Les Fr. 480'000.- cités par M. Lapaire dans son interpellation proviennent de l’étude menée sur l’avenir des Services industriels. S’agissant de l’exploitation, M. Brulhart précise que les durées de fonctionnement sont de deux types : le premier, équivalant à 4'440 heures par an, correspond au fonctionnement de l’éclairage entre 6 heures du matin et minuit. Le second, équivalant à 2'200 heures par an, correspond au fonctionnement de l’éclairage durant le restant de la nuit et où les consommations sont fortement réduites. M. Brulhart indique que le coût d’une minute d’éclairage public en kWh pourra être connu à fin 2008, après la réalisation d’un inventaire complet. Une estimation sera disponible fin 2007. S’agissant du système LEC, qui permet de réduire la consommation et d’éviter la surconsommation, M. Brulhart indique que son installation à Delémont est compliquée car les anciens quartiers comportent plus de points d’alimentation que de lampadaires. Toutefois, il sera testé dans les nouveaux quartiers. M. Brulhart précise que la Loi sur l’approvisionnement électrique, qui entrera en vigueur en 2008, obligera à déterminer exactement le coût de l’éclairage public. En ce sens, les factures d’électricité, dès octobre 2008, feront état d’une ligne "Eclairage public" comme prestation de la collectivité publique.

M. Brulhart présente les points clés pour la sécurité et l’efficactié de l’éclairage public, tirés du cahier des charges de l’Agence suisse pour l’efficacité énergétique (SAFE) recommandé aux communes suisses. En premier lieu, il cite l’évaluation des besoins et précise qu’à Delémont, les quartiers non résidentiels, comme la rue Ste-Catherine, ne sont pas éclairés durant la nuit. Quant au choix des candélabres, dans un but d’assainissement, différents critères sont pris en compte. De plus, des réflecteurs à haut rendement sont utilisés en ville. L’éblouissement est également pris en considération dans le choix des éclairages publics. Quant aux appareils d’exploitation, M. Brulhart souligne que les bases électroniques sont onéreuses et que les Services industriels souhaitent connaître l’expérience d’autres services industriels avant leur mise en place. S’agissant des heures de fonctionnement, M. Brulhart rappelle, comme expliqué précédemment, que deux régimes sont instaurés à Delémont. La consommation d'énergie est bien entendu également prise en considération, selon les recommandations prévues pour les communes comptant plus de 10'000 habitants (12 kWh par mètre). En dernier lieu, en ce qui concerne les énergies renouvelables, elles n'alimentent actuellement pas l'éclairage public à Delémont. Le surcoût qu'engenderait la fourniture de ce genre d'énergie pourrait être compensé, selon M. Brulhart, par une réduction du coût de l'éclairage public.

Quant au réchauffement climatique, M. Brulhart est lui aussi d'avis qu'une grande attention doit lui être réservée. Il souligne que dans la société actuelle, qui consomme 5'000 watt par habitant, l'éclairage public représente 12 watt, c'est-à-dire 0.24 %. Dans une société à 2'000 watt, M. Brulhart estime que la consommation d'énergie pour l'éclairage public pourra être réduite de 15 % seulement. Ainsi, la proportion de l'éclairage public dans la société à 2'000 watt serait plus importante qu'elle ne l'est actuellement, ce qui est également palpable dans le dossier de candidature envoyé par les Services industriels en vue de l'obtention du label européen Energy Award Gold, pour lequel une réponse devrait être communiquée sous peu.

M. Brulhart souligne que le potentiel de réduction de la consommation d'énergie est important, toutefois pas tellement pour l'éclairage public, ce qui n'empêche pas d'entreprendre des démarches de réduction dans ce secteur. Des améliorations pourraient être obtenues dans les bâtiments, en modifiant l'isolation et le chauffage. Un potentiel de réduction existe également pour les voitures (50 %) et pour les avions (45 %). A son avis, le recours aux énergies fossiles doit être réduit, ce dont le Conseil communal et les Services industriels se soucient. Revenant à la réponse de l'Exécutif à la question écrite 2.08/07 - "Les chauffe-eau solaires sont-ils mal aimés dans la Cité de l'énergie ?", de M. François Klopfenstein, M. Brulhart indique que dans le cadre du budget 2008, la création d'un poste de délégué à l'énergie et au développement durable sera financée par un prélèvement sur les kWh électriques.

M. Sébastien Lapaire, PS, est satisfait.

 

se cultive !

Je crois qu'aucun d'entre nous n'est rien et ne possède rien, mais qu'ensemble nous pouvons tout.
F. Jeanson