La crise n’est pas pour tout le monde

Jeudi passé, la Fondation suisse pour un développement durable Ethos a publié son étude sur les salaires des managers pour l’année 2008. Il en ressort que malgré la crise, les managers continuent à recevoir impudemment en moyenne 57 fois plus qu’un salarié moyen en Suisse. C’est non seulement incroyable, mais c’est également complètement injuste.

Non seulement les managers semblent échapper comme par miracle aux affres de la crise (contrairement aux autres salariés), mais ce qui est encore plus scandaleux, c’est que l’écart année après année continue toujours de se creuser entre les salaires des employé-e-s et des plus hauts dirigeants en Suisse. Daniel Vasella, avec ses 20% d’augmentation en 2008, gagne désormais 720 fois plus que les employés les moins bien rémunérés chez Novartis. Son homologue chez ABB, Joe Hogan, a quant à lui touché 20 millions de francs pour quatre mois de travail en 2008, alors que l’action de l’entreprise perdait la moitié de sa valeur pendant le même laps de temps.

Faire front aux salaires des managers

Ces différences ne peuvent pas s’expliquer par la responsabilité ou par le rendement, il s’agit simplement d’une arnaque ! Il n’y aucune explication crédible pour défendre cette caste de managers, complètement déconnectés de la réalité, qui ne prennent aucun risque d’entrepreneur. Il est urgent de retrouver un peu de bon sens, de briser le tabou des salaires et d’agir en conséquence pour une vraie « justice salariale ». Car même en présence de la crise, les top-managers ne cessent de puiser sans retenues dans la richesse produite par l’ensemble des travailleurs. Il est temps de mettre des limites claires à ces salaires démesurés.

Une solution : l’initiative fédérale « 1 :12 »


Dans une semaine, la Jeunesse socialiste suisse commencera à récolter des signatures pour son initiative « 1 :12 ». Elle exige que personne dans la même entreprise ne puisse gagner moins en une année que ce que gagne son manager en un mois !

C’est une attaque frontale contre un des principes clés du système capitaliste : la répartition inégale des richesses et de la plus-value produite par le travail. L’initiative redonne au travail sa vraie valeur. Celui qui trime quarante heures ou plus par semaine doit être payé de façon juste. Un manager n’a pas 100 fois plus de valeur qu’une secrétaire ! Cette initiative aura donc également des effets positifs sur les bas salaires. En effet, dans la plupart des entreprises, réduire les hauts salaires ne suffira pas, si l’on veut que ceux-ci restent compétitifs : il va falloir en conséquence augmenter les bas salaires

Une initiative opportune

La question de l’équité salariale en Suisse n’a jamais été aussi pressante qu’aujourd’hui. En quelques mois, les montages virtuels du monde de la finance se sont écroulés et les beaux discours des néo-libéraux se sont soudainement tus quand il a fallut puiser dans l’argent du citoyen-contribuable pour remettre le navire de l’économie à flots. C’est donc cohérent de consulter aujourd’hui le même citoyen-contribuable par l’entremise de l’initiative « 1 :12 ». Pour faire avancer la justice et la démocratie, nous avons besoin de la pression de la population !

Sébastien Lapaire
Député suppléant PSJ, membre du comité d’organisation « Initiative 1 :12 » de la Jeunesse socialiste suisse (JS).


Plus d'infos sur le site officiel de l'initiative